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Sociologie économique | juin 2009

 

« Comment je compte, dans mon activité professionnelle de communicateur, utiliser mes compétences pour établir une société où l'appropriation de la richesse dégagée en Belgique par le travail soit plus équitable. »

L'avènement du village mondial décrit par Mac Luhan nous a forcé de développer une économie correspondante aux nouveaux rapports créés à travers le monde. Une économie mondiale, basée sur les idées du capitalisme et de la propriété individuelle. Smith considérait déjà à son époque que l'économique repose sur la liberté individuelle et que chaque individu participe au développement et à la prospérité de la société, et cela à son insu. Pendant des siècles, des théoriciens ont développé des idées à propos de l'économie et de ses raisons ou de ses conséquences. Je compte reprendre ici les idées qui m'aideront à affiner ma réponse à la question posée plus tôt.

Chez David HUME certaines idées concernant les passions et la raison peuvent permettre de comprendre ce qui pousse les hommes à commettre des actions. Les actions des hommes ne peuvent être expliquée par la raison. C'est plutôt la passion qui dirige le cœur des hommes. L'homme est un être égoïste dans le sens qu'il ne recherchera pas ce qui pourrait être profitable pour tous. Il préférera retirer un avantage personnel des actions qu'il entreprend. L'homme recherche des avantages parce qu'il est un être de besoins et parce qu'il est partial et passionnel. Pour arriver à ses fins, l'homme a tout de même compris qu'il avait besoin de autres, et qu'une coopération pourrait lui permettre d'obtenir des avantages. Mais une coopération n'est possible qu'à conditions que tout les individus en respectent les règles.

Hume estime que les conditions qui avantagent l’échange et la coopération sociale sont: le respect réciproque de la propriété, le transfert de propriété par consentement, l’obligation de respecter les promesses. Et donc selon hume, la société ne peut fonctionner qu'à l'aide de commerçants qui permettront les échanges par l’établissement de marchés.

On pourrait donc penser que les hommes ne sont pas prêts à partager les richesses, en effet, le fait de partager ne rapporte pas d'avantage personnel. Si on dit que les actions des hommes sont dirigées par la passion et non par la raison, il est normal de penser que les hommes que ceux-ci préfèrent leur propre avantage à un avantage commun, même si l'on sait qu'un avantage commun serait plus bénéfique pour la société dans son ensemble.
La raison, si elle était prise en compte, pourrait pousser les hommes à élever ensemble leur avantage, mais selon Hume ce n'est pas le cas.

Adam SMITH estime que toutes les classes de la population sont productrices de richesses, et que chaque individu peut avoir une fonction productive.

Selon lui la division du travail permet d’obtenir, à quantité égale de travail un avantage de loin supérieur. Si l’on accepte comme principe que la monnaie est l’élément qui caractérise la richesse, il est rationnel de tenter d’obtenir le profit le plus haut possible en ayant des coûts aussi faibles que possible. Même si la monnaie joue un rôle, on constate dans la pratique que les individus ne s’efforcent pas de maximaliser l'avantage ou de minimaliser les coûts. Il n’y a donc pas de relation inévitable entre la maximalisation de l’avantage et le principe économique. Car les individus cherchent à maximaliser leur avantage sans forcément chercher à minimaliser leur coût.

Selon Smith les hommes sont plus occupés par leur paraître que par les choses, les hommes ne se préoccupe donc pas des avantages matériels mais recherchent plus la sympathie et se soucient du jugement des autres.

Nous pouvons ici confirmer l'idée de Hum selon laquelle les hommes sont passionnels, et non guidés par la raison. Pourquoi préfèreraient-ils acheter un produit qui ne serait pas le moins cher du marché si ce n'est que pour paraître ce qu'ils ne sont pas. Cette attitude est tout à fait passionnelle. Les acheteurs achètent ce qu'ils veulent même si ce n'est pas le choix le plus raisonnable, logique.

Selon Pareto une action sera dite logique s’il y a adéquation entre les moyens et le but.

Toujours selon Pareto le socialisme est la forme religieuse qui s’adapte le mieux au monde des ouvriers de la grande industrie. Il facilite l’organisation des élites qui surgissent des classes inférieures et est un des meilleurs instruments d’éducation des classes prolétariennes. Selon lui le socialisme serait donc une idéologie (il parle de religion) qui aurait permit une meilleure éducation des classes inférieures et donc leur ascension dans la société.

Jean-Paul Fitoussi s'interroge sur le problème des rapports entre systèmes politiques et marché. L'économie de marché s'accompagne d'inégalité qui font remarquer que les pays émergeant ont tendance à développer leur marché sous couvert de systèmes autoritaires où dictatoriaux. Avant cela, la croissance économique était liée au plein emploi et à une répartition équitable des richesses.

Pour la plupart des économistes, marché et démocratie sont deux concepts indépendant l’un de l’autre. Selon eux l'économie peut se développer quelque soit le système. Ce qu'ils demandent, c'est la pérennité du système. Pour eux toute intervention de l'état induit une perte d'efficacité. Ils voudrait donc abolir le politique ce qui est absurde car on ne peut pas demander aux gouvernement de ne pas intervenir dans l'économie, le politique considérant l'économie comme un instrument lui permettant de réaliser ses objectifs.

Jean-Paul Fitoussi estime que le marché a besoin du politique, parce que les marchés ont besoin de la sécurité juridique induite par le politique. Il se pose donc la question de savoir quel système serait le plus profitable au développement économique.

D'abord on sait que la démocratie est le meilleur système politique socialement parlant. Mais est-elle le système le plus adapté à l'économie de marché?

Les études de l'économiste Barro nous permettent de répondre à cette question. Son étude conclut que davantage de démocratie stimule la croissance lorsque les libertés sont faibles. Une fois atteint un niveau de démocratie modéré atteint, la croissance peut se trouver freinée. Donc les sociétés démocratique acceptent de freiner leur économie pour sauvegarder leur démocratie parce qu'elle peuvent se le permettre.

Pour en revenir à la question de départ, si nous sommes (en Belgique) dans un système démocratique avec une économie de marché, nous pouvons conclure d'après les travaux de Barro que nous préférons notre démocratie à un marché toujours plus florissant. Notre système politique est déjà très impliqué au niveau du partage, pas seulement des richesses mais aussi des avantages que chacun peut obtenir s'il le désire. En Belgique, grâce à notre système démocratique, nous avons instauré un système de partage, d'impôt sur le revenu, et de solidarité. Les plus démunis sont moins démuni que dans un système entièrement tourné vers le capitalisme pur. Certains pays démocratique n'ont pas un tel réseau de solidarité, de chômage, remboursement des soins de santé, allocation familiales, etc. Par exemple les États Unis sont peut-être très performants au niveau économique, mais il n'y existe pas de solidarité telle que chez nous. Ce système basé sur l'économie de marché augmente les inégalités.

Malheureusement, l'idée de village global est aussi entrain de faire son chemin chez nous. Les entreprises sont de plus en plus soucieuses de faire des bénéfices, et estiment que le seul moyen de faire des économies est de jouer sur les salaires. La solution qu'elles ont trouvée est de se délocaliser dans des pays ou le système politique est plus laxiste, et où les conditions de travail sont moins réglementées, permettant d'exploiter les travailleurs pour augmenter leurs profits.

Alors que faire pour ne pas que les entreprises fuient vers des pays plus avantageux pour elles? En Belgique, il n'existe pas de solution miracle. Personne ne veut faire de concessions sur les acquits. Comment expliquer à quelqu'un qu'il doit accepter de gagner moins plutôt que de rester sur ses positions et risquer de tout perdre?

Nous ne pouvons pas changer de système, il est le fruit d'une évolution, et jusqu'à présent il s'est révélé être le meilleur, celui qui correspond le mieux au bien être de tous. Ce ne sont pas les gens qui doivent changer leur comportement pour garder un emploi ou un salaire convenable. C'est le gouvernement qui doit s'opposer à l'économie de marché. Il doit s'assurer qu'il y ait toujours du travail en Belgique. Si le gouvernement ne réagit pas, les entreprises se sentiront libres de faire ce que bon leur semble. Les délocalisations en sont une preuve. Les entreprises ferment des sites dans nos pays parce qu'ils coûtent plus cher qu'ailleurs, mais ces mêmes entreprises continuent à vendre leurs produits chez nous. Elles doivent pourtant se rendre compte que les travailleurs belges ne sauront bientôt plus acheter leurs produits s'ils n'ont plus de travail pour gagner de l'argent.
Les entreprises qui délocalisent leur production sont tout simplement entrain de scier la branche sur laquelle elles sont assises.

Dès lors les inégalités entre les gens qui vivent grâce à ces entreprises, et les gens qui y travaillaient sont entrain de s'agrandir.
Les entreprises qui délocalisent leur production sont tout simplement entrain de scier la branche sur laquelle elles sont assises.

Dans les années futures, il sera important de se concentrer sur le point de vue social. Car si l'économie de marché continue de fonctionner de la manière dont elle fonctionne actuellement, et que les inégalités continuent de s'accroître, la masse des gens démunis va augmenter en conséquence. Il est impensable que le politique, ne se soucie pas de ces personnes qu'il faudra secourir.

La solution doit venir du politique qui doit mettre un frein à ces délocalisations afin de permettre au gens de continuer à travailler et donc forcément à consommer car c'est là qu'est le fondement de l'économie de marché.

Il n'est évidement pas question de tomber dans une dictature éclairée, même si Barro considère que ce système est le meilleur pour l'économie. Il faudrait plutôt tenter de répondre à la question de savoir si l'économie est au service des gens où si c'est l'inverse? Pour le moment, il faut bien en être conscient, ce sont les gens (quand je parle des gens, je veux bien sur parler des travailleurs) qui sont au service de l'économie.

La question que l'on peu se poser alors est: Veut-on réellement partager les richesses? Veut-on réellement que tout le monde soit au même salaire? La Belgique n'est peut-être pas le pays avec le meilleur système, mais elle a le mérite d'avoir un système qui fonctionne, les gens ne sont pas soit pauvres, soit riches. La possibilité est donnée à chacun d'avoir une instruction, l'école est « gratuite », la coopération entre les hommes est présente, même si ce n'est pas le nom qu'on lui donne.

Néanmoins des changements peuvent être apportés. Il est clair que la vision ultra capitaliste très en vogue pour le moment nous a montré ses limites, et la crise financière actuelle en est un exemple criant. Des personnes dépourvues de bon sens se sont enrichies en utilisant un argent qui n'était pas le leur, et la chute du système financier a plongé des milliers (millions?) de familles dans une situation précaire. Des économies amassées pendant toute une vie parfois ont été englouties dans des placement douteux.
Le politique est intervenu pour sauver une banque de la faillite, sauvant les économies des millions de gens. Mais à nouveau une poignée de personnes s'est dressée, pour faire valoir ses droits. Les actionnaires peu ravis du marchandage effectué par le gouvernement ont tout remit en jeux. Leur propre profit par rapport aux économies de milliers de gens.

La coopération, le partage des richesses passe par l'état. L'intervention du politique est inéluctable dans l'économie. Nous pouvons espérer que la crise gouvernementale ne va pas y mettre un terme, une scission de la sécurité sociale anéantirait ce système de coopération et de partage, ne serait qu'un retour à l'égoïsme et effacerait d'un coup ce pourquoi notre système fonctionne. Il est juste pour le plus grand nombre.

Travail réalisé par Lionel Bouchat dans le cadre du cours de Sociologie Économique de M. Ronsse et M. Torrisi en BAC3, IHECS, 2009.

 

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