Psychologie: Communication non verbale | Juin 2009
Thèse d’explication de l’importance de la communication non verbale en politique : Le cas Leterme
A. Définitions
La communication non verbale désigne tout mode de communication n'ayant aucun recours au verbe, c'est-à-dire utilisé - consciemment ou non - sans le secours du langage, des mots.
La communication non-verbale est un des domaines d'intérêt de la psychologie et de nombreuses formes de soins et de médecine, mais aussi de l'éthologie. On l'associe souvent à la communication inconsciente et involontaire, sans s'y limiter toutefois.
La synergologie est une discipline du champ de la communication dont l'objet est d'appréhender le fonctionnement de l'esprit humain à partir de la structure du langage corporel. Le terme « synergologie » a été construit avec les racines grecques « syn », « ergon » et « logos », pour traduire l'idée d'un « être ensemble, être actif en situation de discours ».
La synergologie introduit dans le champ non verbal de nouveaux concepts à partir de l’observation de réactions corporelles: les micro démangeaisons. Ces micromouvements apparaissent lorsque des non-dits ressentis entrent en contradiction avec les informations exprimées ouvertement. Cette proposition place le mouvement corporel comme un témoin indispensable de l’activité de l’esprit dont il éclaire les contradictions en les traduisant sur le corps. Elle permet à la communication non verbale d’être observée dans un champ sémantique nouveau.
B. Dans la pratique
D’après le livre « Ces gestes qui parlent de nous » de Peter Collett, les tells sont des gestes inconscients et révélateurs par rapport à notre attitude vis-à-vis de notre interlocuteur (mimiques, façon de positionner les bras,…). Ils révèlent ce qu’il se passe réellement dans notre tête.
Les tells doivent réunir différentes conditions :
- l’aspect de l’apparence extérieure
- l’action doit dévoiler une information qui ne peut être directement observée
- l’action doit être remarquée (ampleur du geste) et le sens de l’action doit être reconnu
Il existe différents tells :
- micro/discret (le sourire)
- furtifs/inconscients (main devant la bouche)
- authentiques (rougir)
Nous réagissons souvent aux tells sans nous en rendre compte. Nous reproduisons également souvent la posture de notre interlocuteur, comme les bâillements par exemple.
Les tells sont contrôlés par des processus cérébraux involontaires, ce qui fait que nous les ignorons la plupart du temps. Ces indices peuvent, donc, être perçus comme plus précis que la parole.
Manifestation de dominance :
Lorsque nous rencontrons quelqu’un pour la première fois, nous l’évaluons rapidement afin de déterminer s’il est dominant, amical ou sexuellement attirant.
Par exemple, les gens de haute taille réussiraient mieux dans la vie que les plus petits. Les grands sont considérés comme étant en meilleur santé, plus intelligents et vivant plus longtemps.
Les individus à posture érigée se sentent plus sûrs d’eux et sont plus optimistes. Ils sont également considérés comme plus dominants que ceux qui adoptent une posture avachie.
Les individus de statut plus élevé occupent plus d’espace (plus grandes maisons, voitures, bureaux…). Ils créent une barrière invisible autour d’eux.
Certaines positions de jambes ont également une interprétation de dominance ou non. La position « d’enfourchement » (jambes droites et pieds très écartés) est considérée comme une position dominante, celle du macho qui reste sur ses positions ou celle de la menace, exhibition phallique.
Parmi les positions assises, celle du « chef », du dominant est celle des jambes droites allongées qui combine confort, convention et communication.
A l’opposé, il y a la position « repliée » où les pieds se situent sous la chaise.
Il existe encore bien des gestes, positions ou expressions qui permettent d’être perçu comme dominant : le jeu des coudes (mains/poings sur les hanches), l’orientation du corps, les expressions menaçantes (attributs faciaux, actions faciales)…
Il faut prendre la parole ou parfois la couper afin de dominer la conversation. Les sons graves sont signe de domination, de menace contrairement aux sons aigus.
Les signes de soumission
Il y a différents exemples de soumission : le haussement d’épaules, inclination de la tête, inactivité, se faire petit, adopter un air vulnérable…
Le fait de se toucher une partie du corps est une manière de se réconforter. Lorsque l’on se passe la main dans les cheveux, par exemple, c’est en souvenir aux caresses de notre maman.
Le rougissement, le sourire (dans certains contextes), le fait de détourner les yeux sont encore des signes évidents de soumission.
Les règles cachées de la conversation
Le cerveau a ses limites, on ne peut parler et écouter simultanément. Nous avons une certaine aptitude à régler notre temps de parole. C’est la règle universelle : une personne à la fois !
Cependant, il y a parfois ce que l’on appelle les « paroles chevauchées ». Dans ce cas, nous interrompons afin de ravir le rôle du locuteur ou, au contraire, pour encourager le locuteur.
Différents signaux d’alerte, comme une geste de la main, un appel d’yeux existent pour prendre ou demander la parole.
Techniques des hommes politiques
Les hommes politiques doivent afficher une santé d’acier afin d’être apprécié et élu. La santé du corps politique est donc associée à celle des chefs d’Etat. C’est pour cette raison, que l’on peut apercevoir certains hommes politiques en train de faire du sport, leur jogging…
C’est une tactique qui permet de rassurer le public.
L’homme politique se doit d’aborder « une crinière de chef ». En effet, la chevelure est un signe extérieur de vigueur juvénile, tout comme la démarche. L’on ne s’étonnera pas de voir certains chefs d’Etat adopter la démarche du bodybuilder en balançant bien les bras vers l’avant.
Il existe cinq stratégies qui permettent aux hommes politiques de parer les attaques.
Ils doivent tout d’abords acquérir une attitude amicale. Ensuite, la modulation de la voix leur permet de se rendre plus attachant et moins menaçant. Les hommes politiques doivent également produire des signaux d’apaisement et créer l’impression d’être populaires et adorables.
Enfin, le fait d’embrasser les bébés dans la foule leur permettent, non pas de se rendre attachants, mais d’éviter tout simplement les agressions.
Enfin, certains gestes de la main permettent d’accentuer, de donner une force au discours, comme le coup de poing, l’aiguillon, la poigne, le coup de griffe ou le couperet.
Les états d’alerte de l’anxiété
Nous n’aimons pas que l’on remarque nos symptômes d’anxiété, car ils montrent que nous ne nous maîtrisons pas pleinement, ce qui donne l’avantage aux autres.
Les différents symptômes de l’anxiété sont la transpiration, le souffle court, la posture de fuite (bougeotte) ou de combat (rigide). Il nous arrive également de se toucher une partie du corps afin de trouver un réconfort. Le rire nerveux et le regard fuyant sont également des signes d’anxiété, tout comme la bouche sèche, les quintes de toux ou encore des perturbations de la voix (nous avons tendance à parler plus vite, plus fort et moins longtemps).
Indices du mensonge
Les deux sexes mentent tout autant l’un que l’autre, mais pour des raisons différentes. Les hommes cherchent à se donner de l’importance, tandis que les femmes cherchent à faire plaisir à leurs interlocuteurs.
Le mensonge est le lubrifiant des relations interpersonnelles ; probablement parce que leurs flagorneries les rendent plus attachants.
Mieux l’on connaît une personne, plus on a confiance en son aptitude à détecter ses mensonges. Or, on a tendance à laisser ses émotions brouiller ses aptitudes analytiques, ce qui réduit d’autant l’habileté à déceler les mensonges. On peut également modifier son comportement afin de réduire les risques de détection.
Si l’on a autant de mal à déceler les mensonges, c’est pour plusieurs raisons :
- on ne veut pas savoir
- on est trop confiant ou trop méfiant
- on se fie trop à son intuition
- on se méprend sur les indices
- on s’attache aux mauvais indices
Plusieurs signes nous permettent de détecter les mensonges, comme le fait de cacher sa bouche ou son nez (syndrome de Pinocchio), sourire ou avoir un air impassible…
En fait, tous ces signes peuvent être maîtrisés par le menteur et ne sont donc pas fiables. Le menteur peut, par exemple, maîtriser et soutenir son regard afin de convaincre son interlocuteur de sa bonne foi.
- Avec toutes ces informations, nous pouvons dès lors essayer de faire la critique de la communication non verbale d’Yves Leterme.
Yves Leterme n’avait peut-être pas l’attitude d’un dominant pour diriger notre gouvernement.
Comme nous l’avons évoqué plus haut, il est important que le chef d’Etat soit en bonne santé. Or, notre ancien premier ministre est malheureusement tombé rapidement malade et ne s’en n’est pas caché. Première faille importante à l’aube d’un nouveau gouvernement.
Comme nous pouvons le voir sur les différentes photos, M. Leterme n’aborde pas souvent une attitude dominante. Lorsque l’on serre la main à quelqu’un, afin de lui montrer que l’on a le dessus, notre main doit se positionner sur (au-dessus) celle de notre interlocuteur. Dans ce cas-là, c’est nous qui dominons la situation, qui décidons du relâchement de la main et de l’intensité.
Les jambes et les bras croisés ne sont pas propices à la communication. En effet, cette position nous indique clairement que notre interlocuteur est fermé à toutes discutions ou échanges.
Le fait d’être agité, de se toucher le crâne, le visage ou autre est synonyme d’anxiété et ne reflète pas l’attitude de quelqu’un qui domine la situation.
Les micros démangeaisons, comme le fait de se pincer le menton, sont signe d’une attitude dubitative, d’esprit critique.

Lorsque M. Leterme se gratte le haut du crâne, cela signifie qu’il se demande réellement comment il va s’en sortir, trouver une solution.
Nous pouvons interpréter le fait qu’Yves Leterme fait revenir ses lèvres vers l’intérieur comme le fait qu’il soit mal à l’aise et qu’on ne tirera rien de lui.
Le sourire fermé sera préféré au sourire ouvert, afin de paraître plus dominant.
Les mimiques faciales d’Yves Leterme:
Point de vue des mimiques faciales, les mimiques de l’ex premier ministre sont quelques peu surprenantes.
Il a tendance à relever un sourcil et à garder l’autre dans une position plus neutre. Il arbore souvent un demi-sourire. Lorsqu’il parle, sa voix est posée mais faible et les intonations sont forcées. Cela peut-il être imputé au fait qu’il parle habituellement le néerlandais ?
En néerlandais, il est vrai qu’Yves Leterme se débrouille mieux. Son débit est beaucoup plus fluide, il est plus à l’aise et cela se voit dans ses traits qui sont plus relâchés et sa posture plus droite. Cependant tout n’est pas parfait. Ainsi, il sera sans doute plus à l’aise lors d’une interview avec un présentateur qui lui pose des questions, mais lors d’un débat politique, où ses idées risquent d’être attaquées, comment se comportera-t-il ?
Parfois lors d’interview, M. Leterme se mordille la lèvre inférieure. Cette mimique d’insécurité peut sans doute être comparée à celle plus connue de Richard Nixon ou Bill Clinton qui formaient un fer à cheval avec leur bouche lors de scandales tels que le Watergate pour Nixon ou l’affaire Lewinsky pour Clinton. Notre ex premier ministre a également tendance à se rejeter en arrière en croisant les bras comme le faisait Nicolas Sarkozy lors du grand débat l’opposant à Ségolène Royal, lorsque celle-ci lui reprochait ses propos sur l’intégration des enfants handicapés. Ce geste est considéré comme une tentative de fermeture et de protection. L’attaquant avance son buste vers celui à qui il parle tandis que l’autre se recule.
Yves Leterme n'a pas été capable de garder le pouvoir. Sa sortie lors du «Fortisgate» n'a pas vraiment marqué les gens, nous allons tenter ici de démontrer que sa débâcle est, en partie, due à sa mauvaise maîtrise de la communication non verbale.
Analyse du charisme d'Yves Leterme:
On parle généralement de six composantes du charisme d'un acteur politique. Il y a la jovialité, la sociabilité, l'empathie, l'assurance, l'autorité et enfin le leadership.
Pour ce qui est de la jovialité, Yves Leterme n'a jamais été le plus jovial lors de ses apparitions télévisées. Contrairement à un personnage comme Michel Daerden qui fait rire les gens grâce à son humour, Yves Leterme fait rire, mais à ses dépends (épisode de la Brabançonne). Cela ne lui apporte malheureusement pas beaucoup (pour lui) de sympathie.
La sociabilité est définie par la capacité qu'ont les acteurs politiques à susciter la sympathie du public, et ce, grâce à des sourires, des embrassades, des gestes amicaux. L'ancien premier ministre est un personnage assez raide. Il ne bouge pour ainsi dire presque pas. Excepté pour se mouvoir, ses bras sont rangés le long du corps. Point de vue du visage, il ne sourit pas énormément. Lorsqu’il le fait, il s'agit souvent de faux sourires. Ceux-ci sont distinguables au niveau des sourcils qui ne sont pas relevés.
L'empathie, c’est la capacité à la fois de comprendre les émotions exprimées par les autres et d’exprimer de manière adéquate les émotions que suscite cette compréhension. Cette compétence sociale est indispensable en périodes de crise sociale. On peut dire qu'Yves Leterme a clairement manqué d'empathie, sinon il serait toujours au pouvoir. Pendant la période de crise communautaire, M. Leterme n'a pas été capable de rassurer les Wallons, ni les Flamand auxquels il avait pourtant promis énormément. De plus, la N-VA s'est elle aussi sentie lâchée, ce qui a mené à la fin du cartel avec le CD&V.
L'assurance, au niveau corporel, se traduit par la détente des muscles faciaux et la mobilité des gestes. Il s'agit aussi de la capacité à bien réagir à des événements imprévus. Lorsque Christophe Deborsu demande à Yves Leterme (alors en formation du gouvernement) de chanter la Brabançonne, celui-ci s’exécute, mais lorsque le journaliste lui demande s’il chante le bon hymne, Leterme s'en va en répondant qu'il ne sait pas.
L'autorité correspond à un ensemble de signes non verbaux. Buste et tête relevés, sourcils froncés, regard en mode balayage, discours rapide et voix claire et puissante. Lorsqu’Yves Leterme prend la parole, sa voix est souvent étouffée, son regard se baisse, il regarde ses pieds ou le sol. Il a les sourcils relevés mais ne sourit pas (mimique de peur).
Enfin, le leadership est assimilé à la capacité rassurante. Pendant la (les?) crise(s), on ne peut pourtant pas dire que Leterme ait réellement pu rassurer les gens, il était sans doute plus occupé à essayer de former un gouvernement.
Mais le charisme n’a sans doute pas été la seule chose qu’il aura manquée à Yves Leterme. Nous parlons également souvent de mimiques faciales et de gestes non verbaux lorsque nous parlons de communication non verbale.
Il existe, selon Peter Collett, des gestes qui parlent plus que ce que nous ne voulons dire. Pour les hommes politiques, ces gestes sont très nombreux. Ainsi, les hommes politiques s’efforcent la plupart du temps de montrer des choses qu’ils ne sont pas réellement et, inversement, montrent des choses qu’ils auraient voulu cacher.
Pour Collett, ceux-ci veulent prouver qu’ils ont une santé d’acier. Comme soulevé précédemment, Leterme a passé deux semaines à l’hôpital lors de la formation de son gouvernement. Quand il en est sorti, il a réalisé une vidéo le montrant chez lui (?), expliquant qu’il avait été malade et qu’il avait été touché par les marques de soutien exprimées par les gens. Nous ne pouvons pas réellement penser que c’était la meilleure manière de se faire bien voir.
Comparaison avec d’autres personnalités politiques belges :
Pour étayer notre argumentation, nous avons décidé de comparer la communication d’Yves Leterme avec celle d’autres personnalités du monde politique belge et ainsi essayer de comprendre les différentes perceptions que peut avoir la population à l’égard de nos dirigeants.
a) Elio Di Rupo est le président du Parti Socialiste, il est un acteur influent de la vie politique belge, son parti étant un des, si pas le plus important de Wallonie. Il fait partie de la nouvelle mouvance socialiste et est en rupture avec le passé. Le parti a été secoué par plusieurs histoires d'abus de biens sociaux, commises par des anciens membres du parti, des hommes qui ont profité de leur place au pouvoir pour s'assurer « un meilleur train de vie », mais Elio Di Rupo s'est démarqué de ces personnes.
Pour ce qui est de la communication non verbale d'Elio Di Rupo, nous nous rapportons aux différentes vidéos qu'il est possible de trouver sur internet. Il est très maniéré lorsqu’il parle et parle beaucoup en tournant autour du propos. Di Rupo a tendance à rythmer ses paroles (voir photo) avec sa main. Paume tournée vers l'intérieur, pouce vers le haut, sa main bouge de haut en bas.
Parfois, il joint les doigts de la main à la manière des Italiens (Il est immigré Italien). La différence avec Yves Leterme est qu’Elio Di Rupo est très maniéré dans sa façon de parler.
Cependant, le président du parti socialiste va probablement pâtir de son manque de réactions face aux différents scandales qui ont ébranlé les bases du Parti Socialiste (les affaires de Charleroi, affaire Lizin, affaire Donfut, etc.)
En conclusion, la bonne maîtrise des techniques de communication non verbale du leader socialiste va être réduite à néant par son manque de réaction et son laisser faire. Il n’a pas eu les réactions qu’on pouvait attendre de la part d’un président de parti.
b) Joëlle Milquet est la présidente du Centre Démocrate Humaniste (CDH). Elle a tendance à croiser les bras avant de répondre à une question, comme si le fait de réfléchir la rendait vulnérable. Elle utilise quantité de gestes lorsqu’elle parle, elle rythme ses propos avec sa main comme pour asséner ses idées et ce, comme Elio Di Rupo. La différence avec lui c’est que Joëlle Milquet est une femme. Elle a donc la possibilité d’utiliser d’autres artifices non verbaux propres aux femmes comme le maquillage ou la tenue vestimentaire. Elle doit malgré tout faire attention à ne pas tomber dans la vulgarité : un maquillage trop voyant ou une tenue trop légère pourrait avoir une toute autre conséquence que celle voulue. Là réside toute l’importance. Elle doit pouvoir combiner le côté féminin et sérieux. Ce qui n’est pas chose aisée dans ce milieu encore trop masculin (macho ?). D’un côté, si une femme est trop féminine (voire sexy), les autres femmes la verraient en tant que « rivale » et ne voteraient pas pour elle. D’un autre côté, en étant pas assez féminine, elle passerait pour un garçon manqué insensible à la cause des femmes, dans le monde du travail par exemple.
c) Jean-Michel Javaux, le secrétaire général du parti Ecolo est un cas à part. N’ayant été au pouvoir qu’entre 1999 et 2004, les verts n’ont pas cette habitude, cette professionnalisation comme dans les autres partis. Même si cette professionnalisation n’est pas forcément toujours bonne, vu les dérives auxquelles cela peut mener : cumuls de mandats (souvent rémunérés), passage d’un poste à l’autre sans soucis des compétences nécessaires, etc. Il semble justement que dans le parti Ecolo, le fait de n’avoir quasi jamais été au pouvoir leur enlève toute pression quant aux prochaines élections. N’étant pas au pouvoir précédemment, ils ne sont pas tenus pour responsables des crises politiques et économiques et se présentent aux élections comme les « chevaliers blancs » de la Belgique. Cette absence de pression se voit très clairement dans les interviews des membres du parti Ecolo. Ceux-ci parlent réellement de leur programme, ils avancent leur idées, ils ne sont pas là pour se défendre par rapport à des accusations, mais plutôt pour défendre leurs projets. Et c’est ça qui, pour le moment à un mois des élections, fait la différence dans les sondages. Comme ils n’ont pas à se défendre, ils sont souriants, leurs mimiques sont des mimiques H, ils ont les bras ouverts, ils sont à l’aise, ils rigolent, mais restent sérieux, car ils ont compris qu’en position de force, tout les regards seront braqués sur eux et qu’ils n’auront pas droit à l’erreur.
En conclusion, il aura manqué beaucoup à Yves Leterme, même s’il est parvenu à se faire élire, son incapacité à maîtriser les techniques de communication non verbale, lui aura fait perdre la popularité qu’il avait, non seulement pour la population, mais aussi et surtout au sein de son parti où il a été évincé en quelque sorte du pouvoir.
La communication non verbale peut permettre beaucoup de choses, elle peut construire des carrières très rapidement, et les détruire tout aussi vite. Un politicien doit toujours savoir se qu’il fait, peser ses mots, mesurer ses propos parce qu’il suffit d’un mot mal placé pour mener au pire. Karel De Gucht en a fait les frais lors de sa sortie au Congo, ses propos ont mené à une crise diplomatique avec le pays africain qui va seulement rouvrir l’ambassade belge qui avait été fermée.
Enfin, nous pouvons dire qu’Yves Leterme aurait tout intérêt à revoir ses techniques de communication non verbale s’il compte revenir au pouvoir.
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Sources bibliographiques
- Le charisme de L. Degrelle en 1935-1936, R. Zayan
- Ces gestes qui parlent de nous, Peter Collett
- synergologie.org
- Wikipédia
Travail réalisé par Lionel Bouchat et Aurore Crabbé dans le cadre du cours de Psychologie de M. Destro en BAC2, IHECS, 2009.
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